«Copie illisible.» «Soigne ton écriture.» «Je n’ai pas pu lire la fin.» En primaire, la maîtresse connaissait son écriture et faisait l’effort. Au collège, il y a huit ou dix professeurs, des copies corrigées vite, et des points qui partent parce qu’on n’arrive pas à le lire.
Les parents d’adolescents me posent tous la même question : à 12 ou 14 ans, n’est-il pas trop tard ? Non. Je le dis d’autant plus facilement que j’ai moi-même réappris à écrire à l’âge adulte.
Pourquoi l’écriture se dégrade à l’entrée en 6e
Le plus souvent, l’écriture n’a pas changé. Ce sont les exigences qui ont changé.
- La quantité. On écrit beaucoup plus, sur plusieurs heures de suite.
- La vitesse. Il faut noter pendant que le professeur parle, puis copier les devoirs à la sonnerie.
- Les lignes. En maths et en sciences, on passe souvent aux petits carreaux, qui n’offrent plus les mêmes repères de hauteur que les lignes de primaire.
- L’outil. Le stylo-plume ou le stylo à bille bon marché remplace le crayon et le stylo choisis par l’école.
Un geste qui tenait à peu près en CM2 ne résiste pas à cette accélération. Les lettres s’ouvrent, se couchent, se chevauchent, et le «a» finit par ressembler au «o», au «u» et au «e».

Ce que coûte une écriture illisible
On pense d’abord aux points perdus. Ils existent, y compris en maths, quand un 1 est lu comme un 7.
Mais le coût le plus lourd est ailleurs. Un élève qui ne peut pas relire ses propres cours ne peut pas réviser. Un élève qui a honte de sa copie écrit le moins possible : des réponses courtes, des rédactions de dix lignes. Les professeurs concluent qu’il n’a rien à dire, alors qu’il évite simplement d’écrire.
Et il y a l’échéance du brevet, puis du bac : des épreuves longues, écrites à la main, lues par un correcteur qui ne le connaît pas.
Les signes à ne pas mettre sur le compte de l’adolescence
- il ne parvient pas à relire ses notes le soir même ;
- il mélange majuscules d’imprimerie et lettres attachées dans un même mot ;
- la taille des lettres change d’une ligne à l’autre et l’écriture ne tient plus sur la ligne ;
- il se plaint du poignet, du pouce ou de l’épaule après un contrôle ;
- il serre son stylo au point de marquer plusieurs pages ;
- il demande à taper ses devoirs à l’ordinateur dès qu’il le peut.
«Il s’en fiche» n’est presque jamais la bonne explication. Un adolescent qui pourrait écrire lisiblement sans effort le ferait, ne serait-ce que pour avoir la paix.
Est-il trop tard pour corriger son écriture ?
Non, et à cet âge il y a même un avantage : l’adolescent comprend ce qu’on lui explique. Il peut observer sa propre main, sentir la différence entre un geste crispé et un geste souple, et s’entraîner seul entre deux séances.
Il n’est pas question de lui faire refaire des lignes de boucles comme en CP. Le travail porte sur ce qui rend l’écriture illisible : quelques lettres mal formées qui se répètent partout, des liaisons qui cassent, une tenue de stylo qui verrouille les doigts, une posture qui écrase le bras sur la table. En corrigeant trois ou quatre points bien choisis, on change souvent l’allure d’une page entière.
Ce qui fait la différence, c’est sa motivation à lui. Un collégien traîné de force ne progresse pas. Un collégien qui en a assez de perdre des points progresse vite.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Changez de stylo. Un stylo qui glisse sans appuyer, avec une zone de prise assez large, soulage la main dès la première page.
- Gardez un lignage qui aide. Sauf consigne contraire du professeur, les grands carreaux (réglure Seyès) offrent plus de repères que les petits carreaux. J’explique comment choisir dans l’article Le choix du support : quel cahier choisir ?
- Regardez sa table de travail. Un bureau encombré où l’avant-bras n’a pas la place de se poser donne une écriture heurtée.
- Arrêtez les remarques sur chaque copie. Il sait que c’est illisible. Ce qu’il ne sait pas, c’est comment faire autrement.
- Parlez-en avec lui. Demandez-lui ce qui le gêne : la vitesse, la douleur, la honte. La réponse oriente le travail.
Et le clavier ?
L’ordinateur en classe peut être une vraie aide pour certains élèves, sur avis médical et dans un cadre précis. Il ne règle pas tout : les contrôles, les schémas, les maths et les examens passent encore par la main. Dans la majorité des situations que je rencontre, améliorer le geste reste possible et plus simple qu’on ne le croit.
Se faire accompagner
La graphopédagogie s’adresse aussi aux collégiens, aux lycéens et aux adultes. Les séances durent de 40 à 60 minutes, à Bondoufle en Essonne ou en visio, ce qui convient bien aux adolescents dont l’emploi du temps est chargé.
Votre collégien n’arrive plus à se relire ?
Il n’est pas trop tard. Je reçois les collégiens au cabinet de Bondoufle et en visio.
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